Carole Ferry, édité par Mélanie Faure , modifié à

Depuis un mois, les dirigeants d’entreprise doivent faire appliquer le pass sanitaire au sein de leur structure. La mesure est-elle respectée par les salariés, près de deux semaines après la rentrée ? Pour certains, cela représente un véritable casse-tête.

DÉCRYPTAGE

Le pass sanitaire contre le Covid-19 est-il accepté au sein des entreprises ? Quelques jours après la rentrée, et depuis le 30 août dernier, des salariés travaillant dans certains secteurs, comme l’hôtellerie, le tourisme, les transports longue distance de personnes, sont concernés par l’obligation de présentation du pass sanitaire. À ce jour, l’immense majorité des salariés concernés sont vaccinés, ou sont en train de terminer leur parcours vaccinal.

On observe peu de cas de réaffectations de postes. La SNCF, par exemple, qui s’était engagée à reclasser dans des activités sans public les salariés sans pass, ne comptabilise aucun cas pour le moment. Il y a toutefois une minorité de salariés qui choisit de se faire tester tous les trois jours.

“On ne peut pas se passer de ses salariés”

Arnaud Bennet gère un parc animalier dans le département de l’Allier. Il a six employés qui font le choix de se faire dépister régulièrement. Le chef d’entreprise préfèrerait que son parc puisse s’épargner cette responsabilité afin de laisser à l’État le soin d’imposer la vaccination. “On est 100% conscients de l’utilité et des enjeux de la vaccination pour stopper cette épidémie”, explique-t-il à Europe 1.

“Par contre, moi, en tant que chef d’entreprise, je considère que le gouvernement devrait aller au bout de ses responsabilités, prendre la décision de la vaccination obligatoire et ne pas mettre l’entreprise au milieu”, peste le patron du parc animalier. “Il est clair qu’on ne peut pas se passer de nos salariés non plus. Si j’en avais cinq qui ne voulaient pas se vacciner et pas tester, comment je fonctionne ? Et là, c’est le bras de fer entre l’entreprise et le salarié. Moi, je préférerais que ce soit l’État qui impose le vaccin et que ce soit ensuite un problème entre le citoyen et l’administration.”

Des règles qui diffèrent selon le secteur d’activité

La ministre du Travail Élisabeth Borne s’st montrée claire sur le sujet : les entreprises qui ne font pas partie de la liste concernée ne peuvent pas suspendre le contrat de travail d’un salarié sans pass sanitaire. Le dirigeant d’une entreprise qui installe du matériel dans les Ehpad pour les personnes âgées estime plus raisonnable de demander le pass à ses salariés. Toutefois, il n’en a donc pas le droit. Il a décidé de discuter avec ses 15% d’effectifs non-vaccinés ou non-testés pour trouver des solutions individuelles… avec le sentiment d’un vide juridique.

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