Ils sont huit à vouloir porter l’engagement de tout un secteur pour le climat et la neutralité carbone d’ici 2050. Au-delà des objectifs de communication, la préservation de l’environnement apparaît comme une véritable nécessité pour l’avenir de leur activité d’assureurs.

NZIA : quelles ambitions ?

Huit grands assureurs et réassureurs internationaux (Axa, Allianz, Aviva, Generali, Munich Re, Scor Swiss Re et Zurich Insurance Group) ont décidé de s’unir au sein de la Net-Zero Insurance Alliance (NZIA), ce dimanche 11 juillet, à l’occasion de la réunion du G20 qui se tenait à Venise.

Son ambition ? Favoriser les activités plus respectueuses de l’environnement, et qui ne génèrent donc pas de gaz à effet de serre. La feuille de route s’apparente à celle décidée dans le cadre de l’Accord de Paris (COP 21), à savoir limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C à l’horizon 2100, par rapport aux niveaux préindustriels. 

Présidés par le Français Axa, « les membres fondateurs se fixeront individuellement tous les cinq ans des objectifs intermédiaires » pour progresser vers la neutralité carbone, a indiqué le communiqué du groupe, et « Ils rendront compte de manière indépendante, tous les ans et publiquement, des progrès accomplis vers les objectifs de l’Accord de Paris ».

Les activités polluantes ne seront plus couvertes

Dans les faits, cette nouvelle stratégie se traduira par une plus grande sélectivité au sein des portefeuilles clients des assureurs : les industries émettrices de CO2, qui n’entrent pas dans les critères fixés, ne seront plus couvertes.

Par exemple, Scor envisage de ne plus couvrir (et de ne plus réassurer) les centrales à charbon n’ayant pas vocation à modifier leur activité. Le retrait sera toutefois progressif : pour les pays de l’OCDE, l’horizon d’un abandon total des activités émettrices est fixé à 2030, et à 2040 pour le reste du monde, qui en dépend pour l’heure davantage.

À l’inverse, la NZIA prévoit également des offres et des couvertures particulières à destination des entreprises à émissions faibles ou nulles pour les favoriser, à l’image de ce qui existe déjà du côté de certains groupements d’investisseurs.

Pourquoi l’avenir du secteur en dépend

De prime abord, nous pourrions être tentés de douter d’une telle déclaration d’intention. Nombre d’entreprises ont en effet peu de scrupules à afficher leurs ambitions écologiques sans les traduire dans les faits (on parle alors de « greenwashing »).

En ce qui concerne le l’assurance, la lutte contre le dérèglement climatique apparait davantage comme une nécessité, puisque l’avenir même du secteur en dépend. La recrudescence des événements liés au réchauffement climatique coûte en effet de plus en plus cher aux assureurs, au point de menacer leur existence à moyen et long terme.

Récemment, une première évaluation de la facture des intempéries et orages du mois de juin a été dévoilée par la Fédération française de l’assurance : plus un demi-milliard d’euros (550 millions) de dommages couverts. 

Une note particulièrement élevée en raison des régions touchées : en Ile-de-France, par exemple, la densité de la population et des constructions provoque des dégâts en chaîne beaucoup plus importants (par exemple, en 2016, la crue de la Seine avait représenté un coût pour les assureurs d’1,4 milliard d’euros).

En tout, en 2020, on estimait le coût des catastrophes naturelles entre 1,35 et 1,65 milliard d’euros en France. A l’échelle mondiale, on dénombrait 980 catastrophes naturelles, pour un coût de 210 milliards d’euros pour les assureurs.

Un risque qui devient impossible à assurer

Le problème, c’est que de tels coûts risquent de ne plus rien avoir d’exceptionnel : les sinistres climatiques avaient coûté un montant similaire en 2019 en France (1,7 milliard d’euros). C’est la hausse de la fréquence des événements « exceptionnels » qui menace ainsi la capacité des assureurs… à assurer. D’ici 2050, le nombre de sinistres naturels pourrait être multiplié par cinq, selon l’ACPR. 

Or, si des sinistres d’aussi vaste ampleur se produisent plus régulièrement, les assureurs ne seront plus en capacité de les couvrir. C’est déjà ce qui se produit à l’ouest des États-Unis, où la récurrence des incendies dévastateurs empêche la couverture de nombre de particuliers qui vivent dans les zones menacées : la mutualisation du risque y devient impossible.

En France, on estime que le régime « cat’ nat’ » pourrait rester équilibré jusqu’en 2040. Mais déjà une réforme semble nécessaire : aujourd’hui tous les assurés cotisent à ce régime pour indemniser les sinistrés. Mais s’ils devenaient plus nombreux, cela signifierait la nécessité d’une hausse des cotisations de chacun, estimée entre +130% et +200% dans les trente ans à venir. 

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