INTERVIEW

Les pays du G7 ont signé ce week-end un accord historique en vue d’une réforme fiscale mondiale. L’idée est de fixer un taux d’imposition minimum des grandes multinationales d’au moins 15% dans chaque pays. “C’est une révolution. Moins pour le chiffre lui-même, qui reste bas, mais par le protocole qui a été atteint. C’est en effet unique que la coopération internationale permette aux grands pays de s’entendre sur une fiscalité a minima”, a salué lundi, au micro d’Europe Soir, l’économiste Daniel Cohen. “L’Europe, par exemple, n’y est jamais parvenue en son propre sein. C’est aussi une formidable leçon de modestie. À l’échelle du monde, c’est une rupture”, ajoute celui qui enseigne à la Paris School of economics.

Pour Daniel Cohen, “c’est une manière très efficace d’éradiquer les paradis fiscaux”, comme les Bahamas ou les îles Caïmans. “Si une entreprise domicilie dans des paradis fiscaux ses profits et qu’elle ne paye rien, le pays où cette multinationale est enregistrée aura le droit de collecter 15% sur les profits réalisés dans les paradis fiscaux. C’est-à-dire que l’on aura le droit de se substituer aux paradis fiscaux pour prélever l’impôt”, explique ce spécialiste.

Une mesure “symbolique” pour des pays qui pratiquent une fiscalité basse

Toutefois, cette mesure ne devrait pas faire d’ombre à certains pays, qui, sans être des paradis fiscaux, pratiquent une fiscalité relativement basse des sociétés, et donc attractive, comme l’Irlande. “En Irlande, on est à 12,5% , donc on n’est pas très loin. En fait, il n’y a que trois pays dans le groupe des pays riches avancés où les taux de fiscalité sont inférieurs à 15% : l’Irlande, le Chili et la Hongrie”, souligne Daniel Cohen. 

“C’est une bonne mesure contre les Caïmans, les Bahamas, mais ça reste très symbolique pour des pays comme l’Irlande qui ont construit leur compétitivité sur une fiscalité basse”, conclut-il.

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