Les aides à domicile intervenant chez les personnes âgées et handicapées bénéficieront le 1er octobre d’une augmentation salariale “historique” de 13 à 15%, a annoncé jeudi la ministre déléguée chargée de l’Autonomie, Brigitte Bourguignon. Cette hausse, attendue de longue date par les représentants du secteur, était prévue par un avenant à la convention collective de la branche, négocié l’an dernier par les partenaires sociaux, mais qui attendait depuis le feu vert de l’État. C’est désormais chose faite : Brigitte Bourguignon “s’engage” à ce que cet avenant soit validé d’ici fin mai, pour une application au 1er octobre, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Concrètement, un salarié de catégorie A (soit le plus faible échelon), sans ancienneté, qui touche aujourd’hui le SMIC, sera augmenté de 2,2%. Mais avec 10 ans d’ancienneté, le même salarié (aujourd’hui également au SMIC), sera augmenté de 13,6%. “Il est essentiel de revaloriser ces professionnels mobilisés en première ligne auprès des personnes en perte d’autonomie dans la lutte contre la Covid-19, et qui permettront demain aux Français de vieillir plus longtemps chez eux”, a commenté la ministre.

“Ça permet de donner des perspectives pour le secteur”

“C’est une excellente nouvelle!” a réagi Thierry d’Aboville, le secrétaire général de l’ADMR, le principal réseau associatif d’aide à domicile. “C’est un message très fort adressé aux salariés”, a-t-il  commenté, soulignant que cette revalorisation allait améliorer l’attractivité du secteur, qui connaît des difficultés chroniques pour recruter. “On construit pour le futur : ça permet de donner des perspectives pour le secteur”, s’est-il encore félicité.

Ces hausses de salaire représentent une enveloppe de 300 millions d’euros par an, à la charge des départements – compétents en la matière -, mais que “l’État s’engage à couvrir à 50%”, ont précisé les services de Brigitte Bourguignon. Et pour la période d'”amorçage”, soit les trois derniers mois de 2021, le gouvernement propose de porter sa contribution à 70% au lieu de 50%.

Les départements invités à contribuer

En octobre dernier, l’exécutif avait fait voter un amendement au budget 2021 de la Sécurité sociale qui confirmait “l’engagement de l’État de contribuer à hauteur de 200 millions d’euros annuels au financement, par les conseils départementaux, des revalorisations salariales”, rappelle Brigitte Bourguignon.

“C’est une main tendue aux départements, nous sommes confiants qu’ils vont la saisir”, a-t-on confié dans l’entourage de la ministre. “De toute façon, c’est une nécessité, les départements eux-mêmes reconnaissent que les salaires dans ce secteur sont indignes”, a-t-on ajouté de même source. À ce stade, l’Assemblée des départements de France (ADF) n’a toutefois “pas accepté cette proposition”, selon Le Monde. “Le gouvernement ne peut pas nous demander de payer s’il ne met pas davantage sur la table”, a dit au quotidien Frédéric Bierry, chargé des questions sociales à l’ADF.

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