Des molécules de chanvre entreront-elles prochainement dans la composition des médicaments autorisés en France ? C’est pour tester l’efficacité thérapeutique du cannabis qu’une expérimentation inédite vient d’être lancée en cette fin mars. À compter d’aujourd’hui, 3 000 patients souffrant de pathologies graves pourront se fournir en préparations contenant du cannabis directement en pharmacie.

Une expérimentation qui a pris du retard

Un tel essai était attendu de longue date par les scientifiques partisans d’une molécule déjà adoptée dans 22 des 27 États membres de l’Union européenne, mais aussi aux États-Unis, au Canada, en Israël ou encore en Australie. Le retard français en la matière a été aggravé par la crise sanitaire du Covid-19, qui a contraint à repousser les essais, alors que l’autorisation de les mener datait de 2019.

Dans ces pays, le cannabis est utilisé pour soulager des maladies particulièrement douloureuses. Et ce sont donc 3 000 patients soufrant de certaines formes d’épilepsies, de douleurs neuropathiques, d’effets secondaires de chimiothérapie, de soins palliatifs ou de sclérose en plaques qui ont été sélectionnés pour mener l’expérience. Parmi eux, des mineurs pourront être inclus.

En revanche, ne pourront participer à l’expérimentation les patients atteints de maladies cardiovasculaires, ou de troubles psychologiques comme la schizophrénie, afin de ne pas prendre le risque d’aggraver leurs symptômes. L’une des molécules du cannabis, le THC, peut en effet favoriser l’apparition ou le développement de ces troubles. Mais c’est surtout l’absorption d’une autre molécule, le cannabidiol, aux vertus relaxantes sans non-psychotrope qui est visée.

Quelles formes prendront ces médicaments ?

Les malades volontaires ont été reçus dans l’un des centres sélectionnés par l’Agence du médicament, et se sont fait remettre une ordonnance permettant l’obtention des préparations en pharmacie. Mais, le cannabis restant illégal, les patients devront disposer d’une autorisation pour les transporter.

En cas de contrôle de police, les médicaments n’auront de toute façon rien à voir avec le traditionnel sachet d’herbes. Le cannabis prendra en effet la forme d’huiles à mettre sous la langue, par exemple, ou de préparations pour infusion ou inhalation. Même si, dans un second temps, des fleurs séchées pourront aussi être prescrites, mais pour être consumées dans un vaporisateur, qui permet d’inhaler le cannabidiol sans la toxicité de la combustion. 

Autre inconvénient au caractère illégal du cannabis en France, les médicaments ne pourront être produits dans l’Hexagone. La loi interdit en effet la culture de plants avec plus de 0.2% de THC. Ils seront donc fournis à titre gratuit pas des entreprises étrangères, qui espèrent poser ainsi un premier pied dans un marché qui pourrait s’ouvrir dans les années à venir, selon les résultats de l’expérimentation et la volonté des décideurs publics.

Un suivi pendant deux ans

Pour mesurer l’effet de ces produits, les patients volontaires seront suivis de feux façon. D’abord, des consultations de suivi traditionnelles chez un généraliste, duquel ils pourront obtenir le renouvèlement de leurs prescriptions. Ensuite, des procédures de suivi à plus long terme seront également programmées à l’issue du premier mois, puis du troisième, sixième, douzième et dix-huitième mois. L’expérience durera en tout deux ans.

Rendez-vous donc en mars 2023 pour connaitre les résultats de cette première étude d’ampleur. Selon l’efficacité et la tolérance mesurées, le débat sur la légalisation du cannabis thérapeutique pourra être lancé, avec peut-être dans son sillage celui sur l’usage récréatif du chanvre. Selon les dernières enquêtes, près de 9 Français sur 10 seraient déjà favorables à la légalisation à des fins médicales.

Si cette autorisation destinée aux soins advenait, les médicaments à base de cannabis pourront alors être pris en charge et remboursés par les complémentaires santé. Le marché est potentiellement vaste, puisque selon la mission d’information convoquée pour l’expérience, 700 000 patients pourraient en bénéficier de ce type de traitement en France.

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