Au moins quatre jours de télétravail par semaine : la règle, limpide, a été rappelée par le gouvernement le 18 mars pour endiguer la nouvelle vague de Covid-19. Une consigne valable pour toute la France, pas uniquement dans les départements sujets à des confinements. Elle d’adresse, évidemment, aux entreprises mais aussi à la fonction publique. Les fonctionnaires d’État sont en retard par rapport aux entreprises : seuls 55% d’entre eux télétravaillent au moins un jour par semaine (hors policiers et enseignants). Certes, ils n’étaient que 40% lors du premier confinement, signe d’un progrès. Mais le gouvernement en demande plus.

Plus de télétravail et plus de contrôles

De fait, la plupart des fonctionnaires ont reçu, après la dernière conférence de presse de Jean Castex, un mail pour leur demander de faire plus de télétravail. “Depuis les nouvelles mesures de freinage, je ne suis plus qu’un jour par semaine maximum au bureau”, affirme à Europe 1 Cécile, fonctionnaire au sein du ministère de la Transition écologique, à Lille. “Ces dernières semaines, c’était plutôt 50-50, dans la lignée du second confinement. Alors que pendant le premier, j’étais à 100% en télétravail. Et avant, je n’en avais jamais fait.”

Un retour à plus de télétravail qui n’enchante pas forcément la fonctionnaire. “Un ou deux jours par semaine, c’est confortable, ça me facilite un peu la vie puisque ça m’évite de prendre le train tous les matins. Mais toute la semaine, c’est lourd. Quand on travaille en équipe avec des collègues, c’est plus difficile. On perd aussi l’ambiance qui se crée au bureau. On garde le lien par message mais ce n’est pas la même chose”, estime Cécile. Et pas moyen de tricher : “le vendredi, on doit envoyer notre planning de la semaine suivante. Et quand on vient au bureau, on doit pointer, donc c’est contrôlé.”

Des fonctionnaires de mieux en mieux équipés

Cécile s’est malgré tout habituée au télétravail, notamment parce qu’elle est bien équipée. “Je n’ai pas à me plaindre, j’ai été dotée d’un ordinateur portable dès ma prise de poste. Et quand le confinement a commencé en mars dernier, on m’a donné un second écran pour que je n’ai pas à travailler sur un petit écran. J’ai des amis qui n’ont pas cette chance-là, ça dépend des ministères ou des types de fonction publique”, souligne-t-elle.

De fait, le matériel était le point noir de la fonction publique lors du premier confinement. “On est parti de zéro. On a été pris de court, on n’était pas très organisé, certains avaient des ordinateurs portables, d’autres non”, se rappelle Audrey, qui travaille au service informatique d’une division du ministère de l’Économie et des Finances, à Lyon. “On a profité du déconfinement pour essayer d’équiper un maximum de personnes. Dès que quelqu’un revenait au bureau, on en profitait pour faire le transfert de ses fichiers. Aujourd’hui, 90% des gens chez nous sont équipés d’un ordinateur portable.”

L’habitude du télétravail est là, pas le rythme

Pour Audrey, “les fonctionnaires, comme les salariés du privé, se sont habitué au télétravail maintenant“. “Ça a été dur pendant quelques mois mais maintenant ça se passe bien. Il y a toujours des petits soucis avec l’informatique, c’est normal, mais les gens sont de plus en plus autonomes”, assure-t-elle. Ce qui n’empêche pas la machine de mettre un peu de temps à redémarrer. Dans les administrations centrales de l’État (les ministères principalement), 73,6% des agents télétravaillent au moins 1 jour par semaine mais seulement 20% au moins quatre jours.

Conscient qu’il faut montrer l’exemple en cette période difficile, le ministère de la Transformation et de la Fonction publique a fait passer un mot d’ordre aux millions de fonctionnaires d’État : “si vous télétravaillez un jour par semaine, vous pouvez télétravailler au moins quatre jours”. Consigne à laquelle Cécile se plie donc à son domicile de la région lilloise. Elle se voit déjà bien continuer le télétravail une fois la crise sanitaire terminée : “ce serait bien d’avoir un peu de souplesse, pouvoir faire un ou deux jours par semaine volontairement, ça me plairait bien”.

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