REPORTAGE

Ces commerces vont-ils pouvoir supporter ces nouvelles restrictions ? Pour ce premier week-end de reconfinement dans 16 départements, 110.000 magasins “non-essentiels”, dont près de 60.000 en Ile-de-France, ont dû fermer leurs portes. Comme lors du confinement précédent, certains vont tenter de limiter la casse en mettant en place le “click and collect”, mais beaucoup de commerçants s’inquiètent, estimant que cette activité minimale ne suffira pas à les faire tenir. 

“Entre 150.000 et 200.000 euros de manque à gagner”

“C’est quand même beaucoup de temps à attendre le client”, raconte à Europe 1 Franck, devant son magasin Sport Center, dans le 16ème arrondissement de Paris. Ce gérant a remis en place le “click and collect” mais il s’attend à quatre semaines très compliquées. D’ailleurs, pour l’instant, le téléphone ne sonne pas, avec deux ventes seulement sur toute la journée de samedi. 

“Ça va être anecdotique. On ne va pas pouvoir se développer avec le ‘click and collect’ alors qu’on a en face de nous des mastodontes qui font ça depuis des années”, déplore-t-il au micro d’Europe 1, prévoyant “entre 150.000 et 200.000 euros de manque à gagner”. Et de conclure : “Ça fait très peur”. 

“On est un peu les dindons de la farce”

Et pendant ce temps-là, les livraisons continuent d’arriver tous les jours. Dans le sous-sol du magasin, les vêtements s’entassent, aux côtés des tenues de ski qui n’ont pas trouvé preneurs avec l’arrêt des remontées mécaniques. “Toutes ces pièces là dormiront jusqu’à l’année prochaine. On est blindés de stocks, qu’est ce qu’on va en faire ?”, s’interroge Franck. 

Ce dernier a entrepris quelques travaux dans le magasin pour penser à demain. Mais difficile de rester optimiste alors que les caisses se vident un peu plus à chaque confinement. “Depuis le premier confinement, on a eu aucune aide, si ce n’est le chômage, avec trois salariés au chômage partiel. Ce troisième confinement va être pour nous une catastrophe”, s’alarme le commerçant, agacé et inquiet. “Et malgré tout, tous les gens sont dans la rue. On est un peu les dindons de la farce. C’est vraiment désespérant”. Franck doit désormais négocier pour différer les paiements ou au moins retenir la marchandise sans froisser ses fournisseurs.

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