Pour ces professionnels, c’est un nouveau coup dur. Dans le cadre du reconfinement dans 16 départements annoncé jeudi par le Premier ministre Jean Castex, les commerces “non-essentiels” vont devoir à nouveau fermer leurs portes. Une décision contestée par les acteurs du secteur, comme Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui parle d’une “vraie catastrophe”.

Sur Europe 1, Philippe Chelly, propriétaire de deux boutiques de chaussures, est lui aussi sonné. “Le premier confinement, ce fut crochet droit. Le second confinement, ce fut crochet gauche”, raconte-t-il. “Entre les deux, on a eu les soldes sur lesquelles on a eu beaucoup de difficulté à liquider nos stocks. Aujourd’hui, ces stocks se retrouvent principalement en réserve et payés, avec des difficultés de trésorerie.” Après plus d’un an de crise, “ce troisième confinement est un uppercut”, reconnaît Philippe Chelly.

Mais, ajoute-t-il, “je me dois de rester debout”. Reste que de nouvelles difficultés sont à prévoir pour son commerce. “Nous avons reçu 80% des collections, et sur ces 80%, il y a bien entendu une bonne partie qui est de la marchandise d’entrée de saison, qui se vend spécifiquement mi-mars, mi-avril. Cette marchandise, on va être tenu de la payer d’ici 60 jours, voire moins, puisqu’elle a été reçue en février, et elle va se retrouver en stock parce qu’elle ne sera pas vendue. Et donc, il va falloir la financer pour la stocker”, explique encore Philippe Chelly. 

Bercy pourrait verser au moins 1,2 milliards d’euros d’aides en plus

L’inquiétude est la même du côté des magasins de vêtements, avec encore une collection entière qui pourrait rester dans les réserves. Chez les fleuristes aussi, il va falloir encore jeter de la marchandise. En revanche, les coiffeurs peuvent être soulagés, car il vont finalement pouvoir ouvrir, a indiqué vendredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. 

Alors, bien sûr, beaucoup de commerçants vont quand même faire du “click and collect”, mais c’est loin de compenser les ventes perdues. Au total, 110.000 commerces vont devoir baisser le rideau dans les zones concernées, et Bercy s’attend à devoir verser au moins 1,2 milliards d’euros d’aides en plus pour les soutenir. Ce nouveau confinement devrait coûter 0,2 points de plus à l’économie.

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