INTERVIEW

En pleine épidémie mondiale de Covid-19, les économies sont en difficulté et chaque pays cherche à prouver sa compétitivité pour attirer de nouveaux investisseurs. A l’instar de la France qui organisait une nouvelle édition – virtuelle – du sommet “Choose France”, réunissant une centaine de chefs d’entreprise, lundi. Objectif : présenter le plan de relance et donner envie aux multinationales d’investir sur le sol national. Et pour l’instant, l’Hexagone ne s’en sort pas trop mal. En 2020, malgré un volume globalement en baisse de 40%, “la France a été parmi les pays les plus attractifs”, devant l’Allemagne ou le Royaume-Uni, a assuré Franck Riester, ministre délégué, chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, invité d’Europe 1, lundi. 

“Ils sont attentifs à ce qui est fait en France”, souligne le ministre à propos des chefs d’entreprises internationaux. “Ils saluent deux choses dans cette année 2020 : les mesures d’urgence prises pour préserver l’outil économique : les entreprises, leurs salariés. Et deuxièmement ce plan de relance”.

La France a des arguments pour séduire…

Le ministre compte sur l’effet “moyen et long terme” de cette relance massive. “Avec un focus sur à la fois la compétitivité de nos entreprises, avec la baisse des impôts de production. Et puis aussi sur des technologies d’avenir, pour que l’économie française soit plus décarbonée et digitale après la crise. Et donc plus résiliente et apte à accompagner les investissements des différentes entreprises”, assure-t-il. 

Pour attirer les investisseurs, la France a plusieurs arguments, parmi lesquels un accès au marché européen unique, premier en termes de taille dans le monde, et des talents. “Des femmes et des hommes demandées par les entreprises”, précise Franck Riester. Format virtuel oblige, les traditionnelles grandes annonces d’investissement sur le sol national ont été reportés à cet été, où un sommet “Choose France” taille réelle devrait avoir lieu à Versailles. 

… Mais pas à n’importe quel prix

En revanche, dans certains secteurs clés, pas question d’accepter les investissements à tout prix. Le groupe canadien Couche-Tard s’est ainsi vu refuser dernièrement d’acheter Carrefour, avec un véto de Bercy au nom de la souveraineté alimentaire du pays. Dans un autre registre, l’implantation d’une usine Huawei dans le Bas-Rhin suscite des inquiétudes et les opérateurs télécoms préfèrent collaborer avec des installations européennes pour développer la technologie de la 5G, comme celles de Nokia ou Ericsson, plutôt qu’avec le géant chinois. 

“Dans notre politique aujourd’hui, il y a à la fois la politique d’attractivité, d’amélioration de la compétitivité (…) mais en même temps on veut être plus souverain, moins naïf sur un certain nombre de secteurs ou de fleurons industriels”, explique Franck Riester, qui se défend d’une stigmatisation d’une entreprise ou d’un pays en particulier. “On dit juste que, nous européens, sur des secteurs et technologies stratégiques, on veut garder la main. Il en va de notre protection de données industrielles et privées.”

“Il faut qu’on arrête de subir des décisions qui auront des impacts sur nos filières industriels, notre souveraineté”, réaffirme le ministre chargé du Commerce extérieur. “Venir chez nous ce n’est pas forcément racheter nos entreprises. C’est aussi venir investir dans de nouvelles structures, usines, services”. 

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