Une étude vient de placer Paris au quatrième rang d’un classement des villes où la mortalité liée à la pollution automobile est la plus haute en Europe. L’exclusion des véhicules thermiques à l’intérieur des grandes villes françaises pourrait s’accélérer. 

Paris au pied d’un triste podium

La capitale française est une habituée d’un grand nombre de classements, qu’ils soient, d’ailleurs, positifs ou non : podium des villes les plus touristiques du monde, des capitales les plus agréables, mais aussi celui des plus chères… En tout cas, il y a bien une distinction dont ce serait passée la municipalité : celle d’être citée parmi les villes européennes où la mortalité liée à la pollution est la plus importante.

Sur ce sujet, Paris échappe cette fois au podium : la capitale française est classée à la quatrième place de ce classement établi par la revue The Lancet Planetary Health, qui fait référence en matière d’études portant sur la santé mondiale. L’article en question pointe surtout la responsabilité du dioxyde d’azote (NO2), un gaz toxique qui est émis principalement par le trafic automobile, et par les moteurs diesels en particulier.

Les villes nordiques s’en sortent bien mieux

Les données ayant permis d’établir ce classement remontent à 2015, et ont été collectées dans près d’un millier de villes, dont les plus imposantes. À Paris, le nombre de décès prématurés causés par une exposition à des taux de pollutions excessifs s’établirait à plus de 2 500 par an. Un chiffre qui représente 7% de l’ensemble de la mortalité parisienne. 

Certaines villes européennes s’en sortent bien mieux, surtout plus au nord : à Tromso, en Norvège, aucun décès prématuré pour cause de pollution au NO2 n’a été constaté sur la période, et quelques dizaines seulement dans des villes finlandaises ou suédoises.

À l’inverse, trois villes sont plus mortelles que la métropole parisienne d’après ce classement, mais de peu : il s’agît de Madrid, Anvers et Turin, qui composent le funèbre podium. C’est également au nord de l’Italie, dans la plaine du Pô, que se dénombre le plus grand nombre de décès liés cette fois aux particules fines PM2,5, issues elles aussi du trafic routier, mais également du chauffage au bois et des activités de l’industrie. 

La capitale française n’apparait cette fois qu’à la 370ᵉ place du classement, avec un taux toutefois supérieur aux normes de l’OMS : 15 µg/m³ contre 10 µg/m³ recommandés. Le respect de cette règle permettrait à la capitale d’éviter 1 250 décès par an liés aux PM2,5. Et si l’ensemble de l’Europe s’alignait sur les taux de NO2 mesurés dans les villes nordiques, ce sont 125 000 vies par an qui pourraient être sauvées.

125 000 vies par an à sauver en Europe

À Paris, l’organisme chargé de mesurer la qualité de l’air, Airparif, estime, dans son dernier bilan, qu’en 2019, 500 000 Franciliens et un habitant de Paris sur dix étaient encore soumis à des niveaux de concentration de NO2 supérieurs à ceux imposées par l’OMS, particulièrement près des grands axes routiers (périphérique et autoroute A1) où ces niveaux peuvent doubler.

En la matière, l’année 2020 ne devraient pas améliorer ce constat, car, si la pollution a fortement baissé ponctuellement au moment du premier confinement, elle est repartie à la hausse par la suite, et en particulier lors du confinement de novembre. Pour ses manquements répétés aux normes d’émissions imposées, la France se retrouve donc sur le banc des accusés : à la fois devant la justice de l’Union européenne, mais aussi devant le Conseil d’Etat (qui réclamera désormais une amende de 10 millions d’euros à chaque semestre supplémentaire hors des clous.).

De nouvelles villes vont adopter la vignette Crit’Air

Mais alors, ces rappels à l’ordre et ce type d’études peuvent-ils conduire à une politique différente ? À Paris, un plan d’exclusion progressive des véhicules thermiques est déjà sur pied : il prévoit de bannir d’ici 2024 tous les moteurs diesels de la capitale, puis toutes les voitures à essence à partir de 2030. Ce calendrier pourrait être accéléré, même s’il demandera sans doute un accompagnement pour les nombreuses activités qui nécessitent encore l’utilisation d’une voiture.

Dans le reste de la France, les choses devraient s’accélérer cette année : Marseille, Nice, Toulouse, Strasbourg, Montpellier, Toulon et Rouen se sont engagées à devenir des Zones à faibles émissions, et donc à adopter elles aussi la célèbre vignette « Crit’Air », avec, à la clef, une exclusion progressive, là aussi, des véhicules les moins propres.

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