L’évocation du nom Doc Martens suffit à beaucoup pour plonger dans leur jeunesse, passée ou présente. Lancée en 1946, l’emblématique enseigne britannique, qui fut la marque fétiche des skinheads et des punks dans les années 1960 et 1970, a annoncé lundi sa volonté d’entrer en bourse. Retour sur une saga “so british” qui s’invite à la City londonienne.

Skinheads, punks…

Doc Martens, c’est d’abord une chaussure orthopédique, fabriquée par un médecin allemand, le docteur Klaus Martens. Avec sa semelle sur coussin à air, elle est censée faciliter la vie des ouvriers, postiers et employés du métro londonien. Sa force indémodable : une chaussure à la fois solide et confortable. Très vite d’ailleurs, les policiers britanniques l’adoptent eux aussi.

Et puis, dans les années 1960, ce sont les skinheads qui la chaussent, notamment car sa coque en métal est très appréciée pour les combats. Les punks s’y mettent aussi dans les années 1970. Patti Smith, Iggy Pop, les chanteurs de the Who ou des Sex Pistols en font l’accessoire indispensable de la jeunesse contestataire partout à travers le monde. 

Un objectif : doubler le nombre de magasins

Aujourd’hui, il s’en vend encore 11 millions de paires chaque année, fabriquées essentiellement au Vietnam et en Indonésie et, pour une tout petite partie, en Grande-Bretagne. Aux manettes aujourd’hui de ce symbole de l’anticonformisme, se trouve le fonds d’investissement britannique Permira. C’est lui qui a racheté Doc Martens aux descendants de ses fondateurs il y a six ans, pour un plus de 350 millions d’euros.

Il prévoit aujourd’hui de coter l’entreprise en bourse en cédant 25% du capital, de quoi multiplier la mise sans doute par six ou sept. Aucune date n’a été avancée, mais il y a bien un projet : doubler le nombre de magasin – il y en a aujourd’hui 110 – et développer les ventes en ligne pour être moins dépendants des revendeurs.

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