INTERVIEW

À année exceptionnelle, vœux exceptionnels. Jeudi soir, Emmanuel Macron est un peu sorti des clous de l’exercice très codifié des vœux de la nouvelle année. Après son introduction, le président a cité en exemple, en les nommant par leur prénom, plusieurs Français, des “héros de la nation”, selon ses mots : un patron d’une usine de masques, un enfant, une infirmière, une libraire… Une façon pour le chef de l’État de de matérialiser la “solidarité” et “l’espoir” martelés tout au long de son allocution. Pour Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général de la CPME, c’est une bonne chose de saluer les réussites. Mais il regrette que le président n’ait pas plus salué les entrepreneurs en difficulté.

“C’est tout de suite qu’on a besoin de reprendre espoir”

“On aurait aimé que le président de la République soit plus concret, notamment pour tous les Français qui sont encore empêchés de travailler aujourd’hui. Il les a mentionnés mais à aucun moment il n’a donné de perspective ni de précision sur une éventuelle date de réouverture. C’est ce qu’ils attendaient et ils ne l’ont pas entendu”, regrette Jean-Eudes du Mesnil au micro d’Europe 1. “Emmanuel Macron a parlé d’une reprise au ‘printemps’ et c’est un peu dommage. C’est tout de suite qu’on a besoin de reprendre espoir”, note-t-il.

“C’est toujours bon que le président remercie les Français de manière générale mais c’est aussi dangereux. Quand il cite un certain nombre de professions en exemple, évidemment il en oublie. Il n’a pas parlé des commerçants ni des routiers, des gens qui font vivre l’économie au quotidien et qui sont en difficulté“, souligne le secrétaire général de la Confédération des petites et moyennes entreprises. “Idem pour les entrepreneurs qui sont la colonne vertébrale de notre pays. Au-delà de ces quelques exemples, un petit coup de chapeau n’aurait pas été de trop. On reste sur notre faim.”

Une tirade d’exemples de “héros” au goût amer

Jean-Eudes du Mesnil a ainsi peu goûté la tirade du président de la République mettant en avant les Français qui se sont dévoués pour faire sortir la France de la crise. “Emmanuel Macron a cité un certain nombre d’exemples. J’ai envie, moi, de lui parler de Maxime, qui est brasseur et qui si rien n’est fait pour lui, n’aura pas d’autre choix que de déposer le bilan. De Marguerite qui vient de lancer une salle de sport, qui est lourdement endettée et qui risque de tout perdre. De Sébastien, imprimeur qui est obligé de licencier, etc.”

“Il y a des entreprises en très grande difficulté, notamment les indépendants et les oubliés des aides, et le président est passé un peu vite sur leur situation”, martèle le secrétaire général de la CPME. Malgré tout, il salue la volonté du chef de l’État d’envoyer un message positif. “Les situations sont contrastées et Dieu merci il y a des entreprises qui vont bien, qui continuent d’embaucher. Il y a des choses positives et c’est bien d’insister là-dessus.” Et le mot de la fin : “il y a des entreprises et des gens à aider, on va s’y employer dès les prochaines semaines”.

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