REPORTAGE

Un accord sur les relations post-Brexit entre les 27 et le Royaume-Uni a été trouvé, jeudi, grâce à une entente sur l’exploitation des eaux britanniques. Les pêcheurs français et européens pourront continuer à lancer leurs filets du coté britannique de la Manche mais devront diminuer leurs quotas de 25%, la transition se faisant sur une période de cinq ans et demi. “C’est le cadeau de Noël que l’on espérait”, lance Jonathan, pêcheur à Boulogne-sur-Mer, au micro d’Europe 1. “Le seul moyen pour nous de continuer notre activité, c’est de pouvoir accéder aux eaux anglaises.”

Une nécessaire adaptation

Comme beaucoup d’autres, Jonathan va pouvoir continuer à pêcher dans les eaux anglaises, ce qu’il fait depuis vingt ans. Beaucoup plus poissonneuses, celles-ci sont notamment riches en poissons plats ou en cabillauds.

Même si l’UE renonce à un quart de ses prises dans cette zone, Stéphane Pinto, vice-président du Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins des Hauts-de-France, relativise : “Aujourd’hui on nous demande de mieux gérer, de mieux nous approprier notre travail vis-à-vis de ces pertes de 25% de capacité de pêche… On saura faire.” De son propre aveu, cette baisse des quantités pêchées devrait se traduire par une hausse des prix. Les pêcheurs comptent aussi beaucoup sur l’aide promise jeudi par le ministère de la Mer : jusqu’à 30.000 euros selon leur activité dans les eaux britanniques.

Inquiétude et vigilance

Pour le maire de Boulogne-sur-Mer et ancien secrétaire d’Etat chargé de la Pêche, Frédéric Cuvillier, l’accord passé avec les autorités britanniques est en revanche source de nombreuses inquiétudes et appelle à une forte vigilance. “Aujourd’hui, l’accord dans l’accord, c’est à dire cette partie sur la pêche dans l’accord général, n’est pas satisfaisant pour les pêcheurs européens.”

Si l’édile concède une forme de soulagement pour les pêcheurs qui ont désormais la certitude de pouvoir exploiter les eaux britanniques, il pointe du doigt la volonté affichée par le Premier ministre britannique, Boris Johnson, “d’augmenter ses capacités de pêche”. Frédéric Cuvillier évoque aussi la possibilité de voir le Royaume-Uni passer d’autres accords sur la pêche avec des pays tiers. 

Enfin, de nombreuses questions restent selon lui sans réponses, notamment concernant l’évaluation des stocks des différentes espèces, les risques de surexploitation et l’étendue des contrôles. En somme, les négociateurs auraient passé “un accord pour l’accord… mais sur le fond, il n’y a pas d’accord”.

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