REPORTAGE

La pêche était l’un des principaux points de désaccord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, qui ont négocié jusqu’à cette nuit un accord commercial et de sécurité sur le futur de leurs relations, près d’un an après le Brexit. Selon des sources françaises, les Britanniques ont d’ailleurs fait un grand pas en direction des Européens lors de la dernière partie des négociations. Sur Europe 1, jeudi matin, l’eurodéputée Nathalie Loiseau (Renaissance, majorité présidentielle) a confirmé de “très grosses concessions” britanniques en la matière.

Des dégâts “limités”, selon Loiseau

À Boulogne-sur-Mer, l’un des principaux ports de pêche en France, il n’y avait pas foule jeudi matin, trêve de Noël oblige. Europe 1 a quand même pu rencontrer Emmanuel Pauchet, pêcheur depuis 32 ans. L’annonce d’un accord est pour lui une excellente nouvelle : “C’est quand même une satisfaction car l’inquiétude trainait sur les quais depuis quelques temps. Si ça avait été un ‘no deal’, notre activité aurait été ramenée à néant, car on passe 70% de notre temps du côté anglais. Ne pas pouvoir accéder à ces eaux aurait été problématique pour nous”, confie-t-il, ne sachant pourtant pas “ce qui a vraiment été passé”.

Qu’ont donc conclu les deux parties en matière de pêche ? Le texte, riche de 2.000 pages, n’a pas encore été dévoilé. Nathalie Loiseau, membre du groupe chargé de suivre ces négociations au Parlement européen, estime qu’il s’agit d'”une forme d’accord qui limite les dégâts pour les pêcheurs européens”. Malgré tout, la perte sera réelle pour les professionnels comme Emmanuel Pauchet. “De là à dire que l’accord est la prolongation du statu quo précédent, ce n’est pas le cas”, concède Nathalie Loiseau. “Ce que nous faisions ensemble pour pêcher ensemble a été détruit par le Brexit.”

“Toute une économie” dépendante

Cette nouvelle d’un accord a également été bien accueillie dans la poissonnerie gourmande près du port de pêche de Boulogne-sur-Mer. Là, on s’active pour le réveillon de Noël. Sur les étals s’entassent des soles, des maquereaux, mais aussi des homards ou des crabes. “Cet accord, clairement, c’est une bonne nouvelle parce que ça va nous permettre d’assurer une pérennité au niveau quantitatif des apports”, salue Philippe Wattez, mareyeur (c’est lui qui achète le poisson à la criée). 

Des centaines de milliers de familles qui vivent directement ou indirectement de la pêche

“C’est toute une économie qui dépend de ça”, poursuit le professionnel, avec “des centaines de milliers de familles qui vivent directement ou indirectement de la pêche. Je pense que cet accord est nécessaire autant pour les Anglais que pour les Français.” À Boulogne-sur-Mer, la filière de la pêche représente plus de 5.000 emplois qu’un “no deal” aurait directement menacés. 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *