INTERVIEW

Malgré la reprise progressive du trafic cette nuit, l’isolement de 48 heures qui a été imposé par la France au Royaume-Uni, après la découverte dans l’archipel d’une nouvelle souche du Covid-19, aura-t-il des conséquences sur les importations de denrées alimentaires quelques jours avant Noël ? “Les importations françaises en provenance du Royaume-Uni concernent tous les produits de la mer, mais particulièrement les poissons frais pêchés”, rappelle un rapport publié en 2016 par FranceAgriMer, un établissement public en charge de l’application de la PAC. Surtout, ces produits sont particulièrement consommés par les Français durant les fêtes de fin d’année.

“Vous aurez tout !”

“Il n’y aura aucune pénurie, vous aurez tous les poissons, tous les fruits de mer, tous les coquillages que vous voulez !”, a voulu rassurer mercredi, au micro d’Europe Matin, Stéphane Layani, le PDG de la Semmaris, la société de gestion et d’exploitation du site de Rungis. “Chaque matin, les grossistes de Rungis anticipent ce qui se passe”, explique-t-il. “Ils ont des stocks, ils savaient très bien qu’il y aurait Noël et le jour de l’an à prévoir. Vous aurez le saumon, les homards, les tourteaux ou les langoustines dont vous avez envie !”

Stéphane Layani estime que 2020 est l’année idéale pour présenter des plats issus de la mer lors des fêtes. “Cette année, avec la fermeture des restaurants, les huîtres se trouvent au meilleur prix”, relève-t-il. “Si vous voulez faire un acte citoyen, c’est maintenant qu’il faut acheter des huîtres et des crustacés, parce que ces produits se mangent essentiellement dans les restaurants et en restauration collective. Il faut aider les grossistes !”, enjoint-il.

“On ne va pas arrêter toute relation avec la Grande-Bretagne”

Autre sujet d’inquiétude vis-à-vis du Royaume-Uni : le Brexit, dont Rungis suit avec un intérêt tout particulier les négociations, la pêche restant d’ailleurs l’un des principaux points de crispation entre Bruxelles et Londres. “Nous sommes impactés, puisque nous réalisons chaque années 100 millions d’euros de chiffre d’affaires avec les Anglais”, rappelle Stéphane Layani. Il se montre toutefois rassurant : “Jusqu’en 2022, il suffira d’avoir une adresse en Europe pour pouvoir exporter en Grande-Bretagne, c’est un gros avantage”, explique-t-il. “On ne va pas arrêter toute relation avec la Grande Bretagne, c’est notre premier pays d’exportation en matière agro-alimentaire.”

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