INFO EUROPE 1

Alors que le secteur de l’hôtellerie et de la restauration est le plus touché par la crise du coronavirus, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a demandé aux bailleurs d’annuler les loyers du mois de novembre en échange d’un crédit d’impôts de 50%. L’appel du ministre a-t-il été entendu ? Europe 1 vous révèle les résultats d’une enquête exclusive du Groupement national des indépendants (GNI) de l’hôtellerie et de la restauration*.

Et ils sont bien peu nombreux, semble-t-il, à avoir joué le jeu. 25% seulement des patrons de bars, restaurants, hôtels ou encore discothèque disent avoir obtenu gain de cause auprès de leur bailleur, soit un sur quatre. Près de 7% des personnes qui ont répondu au sondage indiquent être toujours en négociation avec leur propriétaire. Et la majorité, 57%, assurent avoir essuyé un refus. Pour les 11% restants, les bailleurs leur ont indiqué ne pas avoir connaissance du dispositif.

Un fonds de solidarité qui ne suffit pas toujours à couvrir les sommes dues

Pourtant le crédit d’impôt proposé par le gouvernement permet aux propriétaires de récupérer la moitié des sommes auxquels ils renoncent.

Marie Tournier, qui gère un hôtel de 30 chambres à Saint-Germain-des-Prés à Paris, espérait ainsi un geste de son propriétaire à qui elle a écrit immédiatement après l’annonce du ministre de l’Économie. Faute de clients, elle n’a ouvert que deux mois cet été et doit payer 20.000 euros de loyer par mois : “Je viens de recevoir la lettre du bailleur avec un état des lieux des sommes dues, sans remise, sans réduction. C’est catastrophique. Comment, avec zéro recette, je peux honorer un loyer de 20.000 euros ?”, s’alarme-t-elle auprès d’Europe 1.

Si elle a bien bénéficié du fonds de solidarité de 10.000 euros au mois d’octobre, elle doit faire face à une dette qui s’élève aujourd’hui à 100.000 euros.

* Enquête réalisée sur près de 1.000 professionnels.

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