INTERVIEW

“Ça va poser un problème d’argent public, de dette…”, rappelle Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, à propos de l’économie subventionnée, dont il estime qu’elle a des limites. Invité du Grand Rendez-vous, dimanche sur Europe 1, celui-ci a affirmé que, bien que nécessaire au mois de mars, l’économie subventionnée pouvait à terme représenter un vrai risque, notamment pour les entrepreneurs.

Endettement “à vie”

“Oui, il fallait le faire au mois de mars, oui le ‘quoi qu’il en coûte’ était légitime” au mois de mars, déclare Geoffroy Roux de Bézieux au micro d’Europe 1, rappelant que la plupart des États occidentaux ont développé le même genre de plans de soutien. “Mais l’économie subventionnée a ses limites, notamment pour les entrepreneurs”, poursuit-il. “J’en rencontre de plus en plus qui disent ‘je vais m’endetter à vie'”.

Selon lui, la solution n’est pas là. “Quand vous êtes restaurateurs et que c’est l’oeuvre de votre vie, vous n’avez pas envie de la transmettre à vos enfants avec des dettes pour 30 ans”, abonde le président du Medef, évoquant des sondages selon lesquels “presque un tiers veulent arrêter leur activité, même si le nombre de faillites est en-dessous”.

“La crédibilité de la France est en jeu”

Par ailleurs, ce système conduit à “s’endetter sur la crédibilité budgétaire de l’Europe”, estime Geoffroy Roux de Bézieux avant de faire allusion à la position d’Arnaud Montebourg sur la question. L’ex-ministre de l’Économie a en effet plaidé en faveur d’une annulation de la dette Covid dans la zone euro, considérant que “le montant des endettements publics et privés était tel qu’il était humainement impossible de rembourser”. 

“La crédibilité de la France est en jeu”, lance le président du Medef. “Les pays qui ont fait défaut une fois, on ne leur prête plus d’argent”, poursuit-il. Il faudra donc rembourser, dit-il, et pour lui, il n’existe que deux solutions. “La mauvaise, c’est les impôts, la bonne, c’est la croissance”, estime Geoffroy Roux de Bézieux. Selon ce dernier, le doublement du plafond des indemnisations, annoncé samedi par Bruno Le Maire va aider les entreprises, mais ce n’est pas pour autant la bonne solution. “Il faut travailler”, insiste-t-il. “Les Français sont heureux de travailler, laissons-les travailler !”

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