Pour lutter contre la pollution de l’air, le ministère de la Transition écologique va étendre les Zones à faibles émissions (ZFE), de nouvelles villes devront donc adpoter les vignettes Crit’Air, et exclure progressivement les véhicules polluants de leurs centres-villes. Une mesure qui semble nécessaire, tant la France accuse un retard en la matière.

La France et la pollution sur le banc des accusés

Concernant la pollution de l’air, la France devient une habituée du banc des accusés. Au niveau européen, d’abord, la France est jugée à la Cour de justice de l’UE (CJUE) pour « non-respect systématique » des règles en matière de pollution aux particules fines. Des manquements répétés qui pourraient lui coûter cher également du côté du Conseil d’Etat, qui réclamera désormais une lourde amende de 10 millions d’euros à chaque semestre supplémentaire hors des clous.  

Le gouvernement se doit donc d’agir, et se focalise sur une dizaine d’agglomérations qui concentrent le plus haut taux de pollution de l’air. Dans ces zones de forte densité, la coupable est toute trouvée : c’est la voiture thermique. Le trafic automobile est en effet responsable de plus de la moitié des émissions d’oxyde d’azote et de près d’un tiers des rejets de particules fines. Parmi ces dernières les PM10 sont particulièrement visées, elles ressortent principalement des pots d’échappement.

La vignette Crit’Air bientôt à Marseille, Nice, Toulouse, Strasbourg, Montpellier, Toulon et Rouen

Pour le moment, la première réponse des pouvoirs publics est la mise en place de Zones à faibles émissions (ZFE), dans lesquelles les parebrises doivent afficher la fameuse vignette Crit’Air. Paris, et sa Métropole, Lyon et Grenoble ont déjà l’ont déjà adoptée, avec l’ambition, à terme, d’exclure les véhicules les plus polluants de leur centre-ville. 

On peut s’attendre, dans les mois qui viennent, à ce que d’autres grandes agglomérations se mettent également à la vignette, comme le souhaite la ministre de la transition écologique, Barabra Pompili. A partir de 2021, Marseille, Nice, Toulouse, Strasbourg, Montpellier, Toulon et Rouen se sont engagées elles aussi à devenir des Zones à faibles émissions, avec, à la clef, une exclusion progressive des véhicules les moins propres.

Quelles vignettes sont visées ?

D’après le calendrier qui est pour l’instant évoqué, les automobilistes auront donc deux ans pour se mettre aux normes dans ces nouvelles villes à faibles émissions. A partir de 2023, l’Etat et les agglomérations devraient en effet restreindre puis interdire la circulation des véhicules affichant les vignettes 3, 4 et 5, si les normes d’émissions ne sont toujours pas respectées d’ici-là. 

Pour rappel, les vignettes 4 et 5 concernent exclusivement les véhicules diesel, mis en circulation entre le 1er janvier 1997 et le 31 décembres 2005 inclus. La vignette orange, la 3, désigne, elle, les véhicules essence immatriculés entre le 1er janvier 1997 et le 31 décembre 2005, et entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2010 pour les diesels.

Un parc automobile qui représente environ un tiers des voitures roulant dans les futures ZFE. Si ces interdictions s’appliquent telles quelles, seuls les diesels dont la première immatriculation date d’après le 1er janvier 2011 pourront continuer à rouler.

A l’heure actuelle, les vignettes Crit’Air 4 et 5 sont déjà interdites dans Paris, et l’interdiction totale des moteurs diesels y est prévue pour 2024. Pourtant, d’ici 2023, les normes ne devraient toujours pas être respectées dans la capitale.

Pour accélérer la transition, et éviter que d’autres villes soient responsables de dépassements des normes, le dispositif des Zones à faibles émissions et ses vignettes devrait être étendu à toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants d’ici à 2025. 35 métropoles de plus seront alors concernées.

La France encore à reculons sur les émissions

Pourtant, pour certains, ce calendrier est encore trop lent. La France se retrouve sous pressions de tous les côtés. D’abord d’un point de vue judicaire, comme évoqué plus haut, ce qui pourrait lui coûter très cher à terme. Les normes de la Commission européenne vont également se durcir encore dans les prochaines années, pour s’aligner sur les celles de l’Organisation mondiale de la santé. Enfin, à l’intérieur, associations de santé et particuliers dénoncent l’inaction de l’Etat face à un fléau qui causerait la mort de 48 000 à 76 000 personnes tous les ans. 

Seule bonne nouvelle au tableau, les pouvoirs publics maintiennent leurs incitations à changer pour des véhicules plus propres. Le bonus écologique et la prime à la conversion ont été prolongés à leurs montants actuels pour six mois, début novembre. Mesures auxquelles les automobilistes semblent réceptifs, puisque le marché de l’électrique ne cesse de progresser. 

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