Conséquence de la crise sanitaire déclenchée par le Covid-19 dont on parle peu : l’impact sur l’apprentissage. Contrairement au printemps dernier, les centres de formation sont bien restés ouverts pendant ce second confinement, sauf que la situation ne permet pas aux apprentis d’exercer en entreprise.

Ce mois de novembre est celui des cours pour Djanea, apprentie chez Ferrandi à Paris, en BTS management-hôtellerie-restauration, mais l’absence du travail en situation réelle est frustrante pour la jeune femme et ses camarades. “En atelier les conditions ne sont pas du tout les mêmes”, explique-t-elle à Europe 1. “Dans la restauration, nous sommes en service, c’est de l’adrénaline. Les conditions sont propres à la cuisine et c’est vraiment le reflet de notre métier, alors qu’à l’école, on se concentre plutôt sur des choses techniques.”

En décembre, elle craint de ne pas pouvoir retourner dans le restaurant qui l’emploie, et donc de retrouver l’activité partielle.

Vers une année blanche ?

L’ouverture des centres de formation est tout de même une avancée positive, selon Aurélien Cadiou, président de l’Association nationale des apprentis de France. En revanche, l’accès à l’emploi va rester très compliqué selon lui. “Ce qui nous inquiète, c’est ces jeunes qui sont en centre de formation, sans employeur. Est-ce que ça va être une année blanche pour eux ? Est ce qu’on va leur demander de quitter le CFA au bout de six mois ? Ou est-ce que on va prendre des mesures qui vont leur permettre, de manière exceptionnelle, de rester toute l’année même s’ils n’ont pas d’entreprise ?”, interroge-t-il.

Autre sujet d’inquiétude : le nombre croissant de jeunes qui veulent devenir apprentis, mais ne peuvent même pas entrer dans un centre de formation, faute de pouvoir trouver une entreprise.

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