C’est en face d’un panorama de forêts, dans les locaux d’une scierie familiale de la vallée de la Bruche (Bas-Rhin), que l’interprofession Fibois Grand Est et les huit Maisons de l’emploi (MDE) de la région ont choisi de lancer lundi 25 novembre 2019 une Gestion prévisionnelle inter-territoriale des emplois et des compétences (GePiETC).

Présentée comme une première en France, cette « Mission bois emploi » doit permettre de répondre aux tensions que connaît cette filière dans la région, où elle est forte de plus de 11 000 entreprises de dimensions variées et de près de 55 000 emplois. Pour Patrick Roger, représentant des MDE du Grand Est, ce dispositif permettra de former pour ensuite employer localement, notamment dans le domaine de la construction bois en essor. La GePiETC doit durer deux ans.

Adéquation entre emplois et compétences

Siat, l’entreprise choisie pour ce lancement, compte 330 salariés. Comme souhaitent le montrer les acteurs réunis ce lundi, les métiers qu’elle abrite sont très précis et entrent aujourd’hui dans une logique robotisée, loin de l’image d’Épinal du bûcheron seul en forêt avec sa tronçonneuse évoquée à plusieurs reprises pendant l’événement. Comme dans beaucoup d’autres secteurs industriels, une meilleure adéquation des emplois et des compétences est ici recherchée.

Pour ce faire, deux programmes complémentaires sont prévus. Un « observatoire dynamique » devra permettre de suivre les besoins des entreprises concernées, tandis qu’un « plan d’actions stratégiques » sera coordonné avec elles, en lien avec le réseau des huit MDE. Deux autres structures, le Cnam et le Campus des métiers et qualifications bois, s’ajouteront à ce réseau et à Fibois dans le cadre de la GePiETC. Quatre thématiques, chacune pilotée par une ou deux des MDE, ont été arrêtées pour ce travail de recherche de compétences : l’ameublement, la construction, l’innovation et la production. Elles devront à chaque fois mobiliser de 30 à 50 entreprises dans un premier temps.

Maillage territorial

Si le temps envisagé pour toute la GePiETC est de deux ans, les douze premiers mois seront consacrés à des expérimentations et à la mise en place d’« axes prioritaires ». Le maillage territorial des formations est notamment ciblé. Pascal Triboulot, vice-président temporaire de Fibois Grand Est et initiateur du Campus des métiers et qualifications bois, note ainsi un nécessaire « rééquilibrage » entre départements, suite à la fusion des trois anciennes régions du Grand Est en 2015. Il relève cependant que l’actuelle Région concentre en soi la totalité des thématiques et niveaux de formation de la filière. Prenant l’exemple du saut technologique que connaissent certains métiers, il souligne par ailleurs l’utilité d’« élever les compétences des acteurs actuels et futurs ».

Cette GePiETC, d’un coût global d’environ 500 000 euros, s’inscrit dans un cadre plus large, celui des Territoires d’innovation de grande ambition. Elle entre plus précisément dans un projet lauréat intitulé  « Des hommes et des arbres, les racines de demain » conduit par la Métropole du grand Nancy qui comprend 28 actions en tout sur dix ans.

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