Il y a des constantes : le chômage des personnes handicapées est toujours deux fois supérieur au taux national. On compte plus de 500 000 demandeurs d’emploi dans cette situation. Mais il y a aussi des changements, attendus à compter du 1er janvier prochain. Notamment la seule comptabilisation des personnes embauchées directement dans le quota de 6 % obligatoire de personnes handicapées dans une entreprise ou une administration. De quoi engendrer des questionnements sur les enjeux de la législation.

Invité à s’exprimer sur le sens de la réforme par le Medef francilien ce 4 novembre, le député du Val-de-Marne Frédéric Descrozaille a estimé qu’elle devait « responsabiliser les acteursé» et il a appelé les employeurs à prendre le risque de « recruter sur le potentiel », sur ce que pourrait devenir une personne handicapée après son arrivée en entreprise.

Le rôle de la formation continue

Et notamment si elle est bien formée. L’apprentissage et la formation tout au long de la vie ont fait l’objet de mentions spéciales, lors de cette matinée d’échanges. D’abord dans les déclarations de Françoise Descamps-Crosnier, récemment élue présidente du FIPHFP (Fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées dans la fonction publique). Elle a souligné que cela représentait le plus important poste de dépenses pour l’institution. Elle s’est également réjouie que la réforme en cours dégage plus de moyens grâce, notamment, à la suppression des exemptions de contribution de certaines administrations (l’Éducation nationale en particulier, à terme). Elle a rappelé que 30 % des apprentis occupaient le poste sur lequel ils avaient été formés à l’issue de leur alternance et que 60 % d’entre eux trouvaient un emploi, dans les 2 ans.

Par ailleurs, le rôle de la formation tout au long de la vie est d’autant plus crucial que la grande majorité des handicaps surviennent au cours d’une carrière. Périlleux, donc, de compter sur la seule formation initiale pour former des personnes handicapées à même de répondre aux besoins des entreprises.

De leur côté, les managers devraient se voir mieux acculturés à l’accueil de ces personnes, spécialement de celles nécessitant des aménagements ou accompagnements conséquents, et ce parfois dès la période d’alternance.

Limitation des accords d’entreprise

Enfin, la réforme qui va entrer en vigueur prévoit que les accords d’entreprise ne seront renouvelables qu’une fois. De quoi inquiéter nombre d’intervenants, notamment en termes de maintien dans l’emploi, et de formation : les budgets pourraient s’en trouver réduits. Globalement, les opinions exprimées lors des diverses tables rondes (maintien dans l’emploi, gouvernance…) étaient plus teintées d’inquiétudes que de raisons de se réjouir.

 

 

 

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