Les objets connectés, une révolution technologique en pleine expansion

Selon une étude Gartner, le nombre d’objets connectés entre 2009 et 2020 sera multiplié par 30. On devrait compter 26 milliards d’objets connectés dans le monde en 2020, soit 4 objets connectés par personne en moyenne (statistiques hors PC, tablettes, smartphones).

Les objets connectés sont des objets électroniques qui captent des informations et les convertissent en données. Ces données sont transmises via Internet puis stockées.

Les objets connectés communiquent à distance avec leurs utilisateurs par le biais d’un terminal numérique (Smartphone, tablette…) qui leur permet d’accéder à leurs données et d’interagir. Ils s’insèrent dans l’IoT (Internet of Things)

La valeur ajoutée estimée et créée par l’IoT en 2020 selon Gartner (2013) doit atteindre 1900 milliards de dollars, dont 11%, soit 209 milliards de dollars, spécifiquement dans le secteur assurantiel.

Une application possible au secteur de l’assurance : vers l’assurance connectée

Le secteur de l’assurance se transforme au gré des avancées de la digitalisation et a connu 3 principales évolutions :

L’assurance en ligne qui se réfère à l’utilisation d’Internet comme canal de distribution à distance pour les services assurantiels (Internet des pages web) ;

L’assurance mobile qui permet au client d’interagir avec son assurance via des supports mobiles (smartphones, tablettes) et s’appuie sur l’Internet des applications mobiles ;

L’assurance connectée grâce à laquelle le service assurantiel est fourni via un réseau d’objets connectés permettant de collecter, échanger et analyser les données liées à l’utilisateur.

D’autre part, concernant l’assurance connectée, il est intéressant de remarquer que les objets connectés correspondent tous à un segment d’offre d’assurance. Par exemple, la voiture connectée concerne l’assurance automobile, les systèmes de télésurveillance connectés concernent l’assurance habitation et les bracelets connectés concernent l’assurance santé.

Les avantages pour l’assureur

L’analyse
des données captées permet à l’assureur d’améliorer la connaissance client et
ainsi de pouvoir optimiser l’analyse des risques et la tarification de son
offre.

Les données captées peuvent en effet permettre d’établir une tarification personnalisée en fonction du comportement de l’assuré (use-based insurance).

En effet, par exemple, une voiture connectée peut transmettre à l’assureur l’information du nombre de kilomètres parcourus, du style de conduite en analysant la fréquence des freinages brutaux et accélérations rapides et tracer les trajets empruntés afin d’établir leur dangerosité en croisant ces données avec des bases de données indiquant le nombre d’accidents recensés pour chaque rue empruntée.

Une tarification adaptée au comportement attire les profils les moins risqués. De plus, la tarification personnalisée incite les assurés à adopter des comportements prudents afin de diminuer leur prime d’assurance.

L’aléa moral (risque qu’un assuré, puisqu’il est couvert, se permette davantage d’adopter des comportements imprudents) est réduit.

La prudence des clients couplée à la détection rapide des anomalies, accidents ou sinistres contribue à la réduction du nombre et de la gravité des sinistres. Les coûts d’indemnisation sont donc amoindris.

D’autre part, les objets connectés permettent aux utilisateurs de mesurer leurs performances en leur transmettant les résultats de l’analyse des données captées.

Ces informations permettent à l’assureur d’indiquer à l’assuré ses axes d’amélioration. L’assureur procure alors un service à haute valeur ajoutée et étend son rôle à un rôle d’accompagnement et de prévention.

Ce nouveau rôle permet également à la compagnie d’assurance d’être en lien permanent avec l’assuré et d’améliorer son expérience client.

De plus, la prévention associée au service assurantiel peut être rendue ludique grâce à la gamification, c’est-à-dire l’utilisation des mécanismes du jeu (attribution de points, de médailles virtuelles pour récompenser l’assuré de son comportement, challenges…)

Un autre avantage de l’assurance connectée est l’alerte et l’assistance en temps réel en cas de détection d’une anomalie ou d’un sinistre ce qui permet de limiter les dommages et leur gravité.

Par exemple dans le cas de la détection par un objet connecté d’une hausse soudaine du taux d’humidité indiquant une possible fuite d’eau, l’intervention d’un plombier sera très rapide et permettra de réduire le préjudice et donc le montant des indemnisations.

Les démarches de déclaration de sinistres pourront aussi être simplifiées tout comme le délai d’indemnisation. La meilleure gestion des sinistres mènera à l’amélioration de l’expérience client et se traduira par la fidélité de l’assuré et des recommandations louant la modernité et l’efficacité de son assurance.

L’évolution de l’assurance vers l’assurance connectée a donc de multiples atouts pour les assureurs puisqu’elle propose des services à haute valeur ajoutée, améliore l’expérience client, attire de nouveaux clients, optimise la gestion des sinistres et réduit les coûts des indemnisations.

Les facteurs clés de succès de l’implémentation de l’IoT

Pour réussir à implémenter le modèle de l’assurance connectée, un assureur doit s’attacher à :

  1. Adapter son système d’information pour pouvoir exploiter le big data généré par les objets connectés : il faut en effet s’assurer que le SI supporte la collecte, le stockage et le traitement d’un nombre de données qui croît de manière exponentielle et qu’il puisse en garantir la sécurité.

 

  1. Créer de nouveaux partenariats stratégiques et technologiques avec de nouveaux acteurs (start-ups comme par exemple Withings, industriels…) et reposant sur de nouveaux types de partenariats.

 

  1. Rassurer les clients et prospects quant à son éthique et sa transparence concernant l’utilisation et la sécurité des données collectées par les objets connectés.

Proposer des services complémentaires à haute valeur ajoutée tels que la prévention personnalisée ou l’assistance en temps réel afin de devenir un partenaire de vie et d’avoir une meilleure relation client.

 

Motivations et freins des utilisateurs

La motivation prédominante des utilisateurs à utiliser des objets connectés en lien avec leur assurance relève de la perception d’une tarification associée plus juste car basée sur leur usage ou leur comportement.

Ensuite, les motivations des utilisateurs résident dans l’appétence pour des services complémentaires à haute valeur ajoutée tels que l’information et la prévention ou l’assistance en temps réel et la déclaration automatisée des sinistres.

Les utilisateurs sont aussi friands de la restitution des données faites par les objets connectés à visée préventive et présentée de manière ludique ce qui améliore leur expérience client. Leur relation avec l’assureur change : elle est désormais basée sur la prévention et la confiance.

Cependant, 75% des français sont réticents à l’idée de transmettre leurs données et donc à l’achat d’un objet connecté dont ils trouvent à 45% le prix trop élevé selon des études de La Poste et Opinion Way réalisées en 2014.

De plus, les objets connectés sont parfois perçus comme des gadgets puisque 34% de leurs propriétaires abandonnent leur utilisation dans les 6 mois.

En conclusion, il faut donc que le client tire un bénéfice supérieur de l’assurance connectée au risque du partage de données pour l’accepter.

Dans cette optique il s’agira d’agir sur deux leviers : la perception de la valeur ajoutée par le client de l’analyse de données et la confiance des utilisateurs quant à l’éthique concernant l’utilisation et la sécurité des données.

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