Alors que le gouvernement a fixé un objectif de 15 000 apprentis en mobilité internationale à l’horizon 2022 (voir notre article), Sébastien Thierry souligne deux apports majeurs de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel. Venue lever un frein pointé par le député européen Jean Arthuis (Lire), la première contribution de la réforme est de sécuriser les démarches de mobilité côté employeur, tout en préservant les intérêts du jeune. L’apprenti qui part plus de quatre semaines voit ainsi désormais son contrat « mis en veille », ce qui évite à l’employeur du pays d’origine d’être « mis en difficulté, par exemple en cas d’accident », explique Sébastien Thierry. Durant sa mobilité, le jeune dispose alors d’un statut qui se rapproche de celui de l’étudiant et préserve ses droits sociaux. À noter que pour les mobilités courtes de moins de quatre semaines, c’est en revanche « le régime de la mise à disposition » qui demeure. Pour pallier les pertes de rémunération induites par la suspension du contrat de travail, le législateur a également donné aux opérateurs de compétences la possibilité de participer au financement des mobilités des apprentis. Le feront-ils ? Sans préjuger de leurs intentions, Sébastien Thierry évoque l’ouverture prochaine de discussions, soulignant que les Opco deviennent de facto « des interlocuteurs majeurs pour l’agence et le programme Erasmus ».

Référent mobilité

Le deuxième apport majeur de la loi du 5 septembre 2018 est d’introduire la notion de « référent mobilité » dans les centres de formation d’apprentis. Pour Sébastien Thierry, cet acteur détient une mission très importante pour la valorisation de la mobilité. Son rôle ? « Tout à la fois susciter l’envie chez l’apprenti, être l’interlocuteur de proximité au sein de l’équipe pédagogique comme auprès du partenaire employeur et du maître d’apprentissage ». Sorte de chef d’orchestre, il sera aussi celui qui saura faire de la mobilité « un axe de développement pérenne du CFA ». Convaincu de l’intérêt d’une telle fonction, l’Agence Erasmus + France a publié avec ses partenaires un guide sur « Les compétences d’un référent mobilité européenne et internationale dans un centre de formation d’apprentis » (format PDF).

Alors que la question du financement de ces référents mobilité reste suspendue à des précisions du ministère, Sébastien Thierry rappelle que certains CFA disposent déjà d’un tel personnel, « par choix et conviction ». Et dans certains cas, « ce sont les Régions, comme l’ancienne Région Rhône-Alpes, qui ont très tôt vu dans la mobilité des apprentis un moyen de revaloriser les formations en apprentissage, dans une notion de parité d’estime », souligne le directeur général adjoint de l’agence Erasmus + France.

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