En juillet 2017, Muriel Pénicaud confiait au député européen Jean Arthuis une mission de développement de la mobilité internationale des apprentis avec l’objectif de porter le nombre d’apprentis mobiles à 15 000 d’ici 2022 (Lire). Où en sommes-nous ? Selon Sébastien Thierry, l’instrument de mesure qui permettrait de répondre avec précision n’existe pas encore. Pour autant, les estimations du ministère du Travail avancent le chiffre de 6 800 apprentis bénéficiaires d’une mobilité à l’étranger en 2017-2018. Parmi lesquels environ 5 350 qui doivent leur expérience internationale au programme phare de l’Union européenne, Erasmus +. Ceci et pour 4 350 d’entre-eux au titre du volet enseignement et formation professionnels du programme, les 1 000 autres relevant du volet enseignement supérieur.

Objectif atteignable

Alors que les discussions en cours sur le programme financier pluriannuel 2021-2027 évoquent a minima un doublement du budget dédié à Erasmus +, Sébastien Thierry se félicite de cette perspective de croissance. « Nous avons aujourd’hui une demande de financements qui reste encore presque deux fois supérieure aux dotations », explique-t-il, il y a une forte appétence qui laisse entendre que l’objectif gouvernemental des 15 000 apprentis est atteignable, si les dotations progressent ».

Freins spécifiques

Reste que la question de la mobilité des apprentis demeure complexe. Au sein même de la population apprentis, il faut d’abord distinguer les publics de l’enseignement secondaire et du supérieur. Si ces derniers ont tendance à plébisciter une expérience à l’étranger au même titre que leurs confrères étudiants, les apprentis du secondaire doivent eux lever des freins spécifiques, notamment liés à leur âge et à un capital socio-économique et culturel moins élevé. Pour autant, la comparaison avec la population étudiante montre que la situation, contrairement à une idée reçue, ne leur est pas si défavorable. Précisant qu’il y a cinq fois plus d’étudiants, Sébastien Thierry souligne que « si l’on prend en compte les ratios, la mobilité des apprentis Erasmus + est assez similaire, en proportion, à la mobilité des étudiants Erasmus + ». Ce qui ne dispense pas de continuer à travailler la question de l’appétence de certains jeunes et de leurs familles, notamment dans le secondaire.


  • À consulter : L’alternance dans Erasmus + : un premier état des lieux, L’Observatoire Erasmus +, Note n° 11, mai 2019, 23 p. : format PDF

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