À un rythme de marathon, Muriel Pénicaud a effectué son parcours en territoire angevin en trois étapes. Débuté à Montreuil-Bellay par une rencontre d’apprentis et de leurs formateurs dans une Maison familiale rurale (MFR), il s’est poursuivi à Beaulieu-sur-Layon par l’inauguration d’un nouvel atelier de maroquinerie de la marque Louis Vuitton. Avant de se conclure à Angers par une visite et un débat dans un centre de formation d’apprentis (CFA) de la Chambre de métiers et de l’artisanat. Pour accompagner son déplacement, la ministre s’était entourée de trois apprentis français médaillés cet été à Kazan (Russie) lors des Olympiades des métiers  WorldSkills, et de la jeune étudiante Juliette, ambassadrice de la campagne de promotion de l’apprentissage « Démarre ta Story ».

Des chiffres records

À plusieurs reprises, Muriel Pénicaud s’est félicitée du nombre record de jeunes en apprentissage : ils étaient 458 000 au 30 juin 2019. « Nous n’en avions jamais eu autant, alors que depuis vingt ans l’apprentissage ne décollait pas en France. Il le fait pour la première fois grâce à la loi et à la mobilisation des acteurs », a analysé la ministre. La hausse du nombre de contrats d’apprentissage n’a en outre pas nui au contrat de professionnalisation, a-t-elle souligné. Le nombre de contrats en alternance (apprentissage et professionnalisation) viendrait ainsi de passer le cap des 700 000, « des niveaux jamais atteints ».

De bons résultats attribués par Muriel Pénicaud à la loi Avenir professionnel « qui a permis de lever les freins administratifs et financiers », mais également à « un changement de regard sur l’apprentissage » qui aurait mené davantage de jeunes à se tourner vers cette voie. Le nombre de vœux d’orientation en apprentissage a ainsi progressé de + 45 % pour la fin de 3ème et de + 20 % pour l’enseignement supérieur, a-t-elle annoncé. Au total, l’apprentissage enregistrerait une hausse de 8,4 %, et de 9,2 % en France métropolitaine, par rapport à la même période en 2018.

Financements et enveloppes régionales

Le déplacement de Muriel Pénicaud dans le Maine-et-Loire ne s’est pas fait sans quelques nuages. Le président de CMA France ; Bernard Stalter, qui devait initialement accompagner la ministre, a annulé son voyage en signe de mécontentement. En cause : l’absence de réponses sur ses demandes concernant le financement des contrats d’apprentissage sous convention régionale (voir notre article). La présidente du Conseil régional des Pays de la Loire, Christelle Morançais, présente, a de son côté interpellé la ministre sur le flou persistant concernant le montant des enveloppes dévolues aux Régions pour le financement de l’apprentissage. En marge de la journée, l’élue de la majorité régionale LR-UDI a même dénoncé dans un communiqué « une véritable opération de communication permettant à la ministre de s’auto-congratuler des effets d’une politique de l’apprentissage qui est encore la compétence pleine et entière des Régions jusqu’au 1er janvier 2020 ».

Améliorer et renforcer

Interrogée lors du débat organisé au CFA d’Angers par des apprentis et leurs maîtres d’apprentissage sur différentes difficultés rencontrées, Muriel Pénicaud a reconnu qu’il restait encore « de nombreux problèmes sur lesquels avancer ».  Parmi ceux-ci, deux principaux défis demeurent selon la ministre : l’amélioration de la mobilité et des transports pour les apprentis et le renforcement de l’adéquation de l’offre et de la demande d’apprentissage. « Mais les jeunes ont envie d’apprentissage. Et cela, c’est nouveau. Nous sommes à un bon momentum et il faut aujourd’hui mettre tout le paquet sur l’apprentissage », a-t-elle conclu.

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