François Bonneau, président délégué de Régions de France et Kamel Chibli, président de la commission éducation de Régions de France

L’orientation des publics scolaires, des étudiants et des apprentis fait désormais partie des prérogatives des Régions. Cette compétence issue de la loi « avenir professionnel » promulguée il y a un an « est un angle majeur de cette rentrée », souligne François Bonneau, président délégué de Régions de France, à l’occasion d’une conférence de presse de organisée mercredi 4 septembre.

Pour exercer cette responsabilité, les Régions ont formalisé en mai avec le gouvernement « un cadre national de référence » qui va se décliner sur le plan opérationnel au cours des prochains mois. Cela passera par des transferts de services ou de parties de services des délégations régionales de l’Onisep vers les Régions et des mises à disposition, à titre expérimental, de personnel de l’État.

Fédérer les initiatives

Pour mieux « éclairer les jeunes sur les métiers de demain », la priorité des Régions sera « de créer des connexions entre la sphère économique et l’Éducation nationale », explique François Bonneau. Objectif : que les établissements d’enseignement puissent disposer via des agences ou services dédiés, d’outils, de ressources et de partenaires pour mieux informer et orienter les jeunes.

Privées d’une partie de leur compétence en matière d’apprentissage, les Régions continuent à se mobiliser pour encourager ce mode de formation. « Nous plaidons pour que des sections d’apprentissage se développent dans les lycées professionnels », indique François Bonneau. Dans un contexte de « crise de la compétence », il est important, selon lui, de miser sur la complémentarité entre les deux modalités de formation.

Apprentissage : une enveloppe insuffisante

Sur le plan financier, les Régions disposeront de deux enveloppes pour soutenir l’apprentissage. L’une, dont le montant à ce stade est fixé à 180 millions d’euros, sera consacrée aux dépenses d’investissements. « Elle sera répartie entre les Régions en fonction de la moyenne de leurs dépenses sur les années 2017 à 2019 », précise le président délégué de Régions de France. La seconde, destinée à majorer les niveaux de prise en charge des contrats d’apprentissage, fait encore l’objet de discussions avec le gouvernement. « Au départ, il était question de 250 millions d’euros. Aujourd’hui ce qui est prévu, c’est 138 millions d’euros », selon François Bonneau. Un montant jugé « insuffisant » pour agir sur les trois axes définis par les Régions.

Ces ressources doivent en effet leur permettre de maintenir une offre de formation dans les territoires, de soutenir l’essor de nouvelles formations aux effectifs réduits mais aussi d’informer et d’accompagner les apprentis. Si le montant de l’enveloppe semble acté, l’enjeu des discussions en cours concerne les modalités de répartition ainsi que la pérennité de ces ressources.

Une réforme des lycées coûteuse

Autre sujet de préoccupation pour les Régions : la réforme des lycées qui entraîne des changements de manuels pour les classes de seconde et de première dès 2019. Les Régions qui apportent, sous différentes formes, leur soutien aux familles pour l’acquisition de ces supports, voient leurs dépenses augmenter. Le coût de la rénovation des ouvrages pour 2019 et 2020 oscillerait entre 260 et 320 millions d’euros, selon Régions de France. Sommes auxquelles peuvent s’ajouter des aides pour l’équipement informatique des lycéens scolarisés dans des établissements qui font le choix de développer les outils numériques.

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