En avril 2019, l’organisme à but non lucratif « Start-up Nation Central » a publié son rapport annuel en annonçant la levée de fonds de 83 millions de dollars réalisée par l’assurtech israélienne Next Insurance. Parmi les 15 start-ups assurtech les plus financées, 5 sont israéliennes.

Quelle est la recette des start-ups israéliennes pour être à la pointe de l’écosystème des assurtechs ?

Un positionnement stratégique précurseur

L’innovation technologique en Israël date de la création du pays. Elle s’explique par la diversité de la population migrante et du besoin de survie compte tenu de l’austérité du territoire. Ainsi, au fil du temps, des centres de Recherche et Développement ont commencé à apparaitre dans le pays facilitant l’accès à l’information et à la technologie. Cet écosystème a favorisé l’essor des diverses start-ups assurtechs entre elles.

L’écosystème d’innovation technologique israélien est l’un des plus actif et dense dans le monde. Dans les années 1990, Israël a profité du boom technologique. Par exemple, la création du programme Yozma a donné naissance à l’industrie du capital-risque dans le pays. Yozma favorise les investissements par capitalisation des entreprises à haut potentiel dans les domaines de technologie. L’entreprise utilise notamment des fonds communs de placements à risques. Dans la fin des années 1990, Israël était le deuxième pays avec le plus d’entreprises dans le domaine de la technologie. Le pays a investi de plus en plus dans le secteur et a attiré l’attention des investisseurs internationaux.

Cet investissement se traduit en partie par le développement de hubs (incubateurs, accélérateurs, etc.). Ils fournissent des espaces de co-working et d’une aide juridique. En plus, ils aident les entrepreneurs à construire leurs projets en développant des réseaux. Des initiatives nationales et internationales font qu’en 2018 Israël compte environ 220 hubs actifs. Kamet, par exemple, a propulsé l’une des assurtechs les plus prodigieuses : Setoo.

Une autre initiative publique telle que le premier hackathon spécialisé dans le domaine technologique dans l’assurance en 2017 confirme le positionnement des start-ups israéliennes comme leaders parmi les assurtechs. L’objectif de l’événement est clair : créer des liaisons entre les assureurs traditionnels et la communauté de l’innovation. Cet hackathon a permis aux grands gagnants comme Scanovate et Polywizz de démarrer des projets pilotes avec des acteurs incontournables de l’industrie.

Finalement, une expansion mondiale de ces assurtechs est aussi possible grâce à la taille réduite du marché israélien qui force ses start-ups à s’exporter à l’international. Ceci est particulièrement vrai dans le B2B. Les start-ups locales vont prioriser la vente à l’international à un nombre de clients institutionnels réduit. Au contraire, la vente B2C va prioriser une clientèle privée moins rémunératrice mais sur un marché israélien qui reste de petite taille.

L’exportation de ses start-ups à l’international est donc naturelle pour Israël. Mais encore, leur maîtrise du domaine de l’innovation contribue autant dans leur savoir-faire en assurtech.

Une maîtrise parfaite de l’innovation

Pour être à la pointe du sujet, les start-ups israéliennes doivent avoir une maitrise du big data, la cybersécurité et la blockchain.

La connaissance est le pouvoir. Ainsi, leur capacité à utiliser le Big Data est le premier atout des assurtechs israéliennes. C’est pourquoi ces dernières utilisent des technologies avancées et de vastes quantités de données dans le domaine spécifique de l’assurance. En conséquence, la connaissance client est approfondie et un service sur-mesure peut être proposé plus facilement. Par exemple, l’assurtech israélienne Polywizz fournit une plateforme qui utilise le Big Data pour recueillir et analyser les polices d’assurances souscrites par les utilisateurs. Cette entreprise aide ainsi ses clients à optimiser les décisions relatives à leurs finances.

Subséquemment, la protection des données fournies par le Big Data est primordiale. Le pays possède l’expertise dans le domaine de la cyber-sécurité pour assurer cette protection. La protection à la fois des personnes et des données est nécessaire pour le développement des assurtechs. Nous vivons désormais dans un contexte où des nouvelles réglementations comme le RGPD (Règlement Général de Protection des Données) sont instaurées. Les start-ups israéliennes continuent à démontrer leurs capacités à répondre aux besoins de sécuriser les données clients. Scanovate, par exemple, a développé un outil d’authentification pour vérifier l’identité digitale des utilisateurs en utilisant leurs cartes d’assurance.

En simultanée, Israël compte sur une communauté blockchain développée. La blockchain, tout comme la cyber-sécurité, permet de gagner la confiance du consommateur en protégeant les données confidentielles des clients. La blockchain permet de stocker dans une base de données l’historique de tous les mouvements entrant et sortant d’informations effectués depuis son origine. La base est sécurisée et partagée entre tous les utilisateurs de la blockchain. Cette technologie est d’autant plus intéressante pour l’assureur. De ce fait, il peut prévenir les fraudes en amont car il est impossible de changer toutes les données de tous les utilisateurs existants.

Israël est aujourd’hui l’un des leaders mondiaux dans le secteur grâce à son expertise et ses investissements faits dans le secteur de la technologie.

Une forte capacité à lever des fonds à l’international

L’influence des start-ups israéliennes provient également du fait qu’elles réussissent à effectuer des levées de fonds tant au niveau national qu’international. En 2018, 75% des assurtechs israéliennes ont été financées par des investissements étrangers contre 60% en 2016. De plus, 38% des investissements étrangers proviennent d’entreprises multinationales. Par conséquent, pendant le premier semestre de l’année 2018, 45 contrats de financement représentent plus de 400 millions de dollars, preuve de l’attractivité financière du pays.

Désormais, plus de 430 investisseurs professionnels ont une présence permanente en Israël dont 23% sont étrangers. Environ 1 500 investisseurs, représentant plus de 30 pays, ont investi dans des start-ups israéliennes pendant l’année 2018. Cette présence permanente des investisseurs est traduite par le développement de centres de Recherche et Développement dans le pays en grande partie financés par des multinationales. L’année dernière, 20 nouveaux centres de Recherche et Développement ont été ouverts dans le pays. Ces centres agissent en tant que hubs et favorisent le développement continu des entreprises.

Par ailleurs, les investisseurs internationaux se présentent sous-forme de fonds de capital-risque. De façon globale, ces fonds ne cessent de s’agrandir dans le monde. L’exemple par excellence est celui du Vision Fund de Softbank qui pèse 100 milliards de dollars. L’agrandissement de ces fonds contribue à des levées de fonds plus importantes et à une gamme d’investisseurs plus large.

Next Insurance, qui a connu une levée de fonds à 83 millions de dollars en 2018, a obtenu au total un financement de plus de 131 millions de dollars depuis sa création en 2016. Cette levée de fonds a été menée par Red point Ventures. Autres investisseurs qui ont participés au financement sont : Nationwide Insurance, Munich Re, American Express Ventures, Ribbit Capital, TLV Ventures et Zeev Ventures. Une représentation parfaite des investisseurs : des fonds de venture capital nationaux comme internationaux et des multinationales.

En conclusion, Israël est à la pointe de l’écosystème des assurtechs grâce à son positionnement stratégique depuis la création du pays. Sa maîtrise du domaine technologique et de sa capacité à lever des fonds renforcent également son attractivité. En 2020, Israël organise le Cybertech Tel Aviv. L’événement le plus attendu de l’année dans l’industrie. Ainsi, l’attirance dans le domaine ne cesse de s’affirmer.

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